Christiane

PAROLES D’ENFANT

Vous parler de ma mère, vous parler de cette femme que j’admire et aime…pas évident, par où commencer? eh bien, simplement, en évoquant: un quartier ouvrier de Mouscron où vivent mes grands parents: Ghislaine, à la rue de l’Emancipation et Roland, rue Matteoti.

UN QUARTIER OUVRIER DE MOUSCRON

Mes grands-parents se rencontrent à l’école primaire. On ne sait pas bien pour quelles obscures raisons, – tant de choses les opposent -, mais ces deux-là s’aiment dès leur plus jeune âge, et un beau jour de 18 juillet 1951, premier cri de Christiane, ma mère. Les quelques photos que nous avons, montrent un beau bébé, aux pommettes joufflues et aux grands yeux verts, qui témoignent déjà d’une insatiable curiosité.

A l’époque, la famille vit chez les parents de ma grand-mère, faute de moyens. Peu de temps après la naissance de ma mère, la famille déménage, mon grand-père ayant trouvé du travail dans la Creuse en France, comme garde-forestier. Ces années sont pleines de beaux souvenirs d’enfance pour ma mère, mais elles semblent durer une éternité pour ma grand-mère qui souhaite rentrer chez elle.

Le couple décide de revenir en Belgique, d’abord à Tournai et puis à Orcq où mon grand-père sera mineur pendant plusieurs années avant de se fixer à Mouscron. Il trouve alors un travail dans le textile à Tourcoing. Entre-temps, au gré des déménagements et changements d’emploi, la famille Vienne s’est agrandie avec la venue de Dominique, Thierry, Arno et Pascale.

RUE DES FLEURS

Une grande partie de l’enfance de ma mère, c’est à Mouscron qu’elle la vit, rue des Fleurs. Christiane, c’est la grande soeur studieuse, au tempérament passionné et idéaliste. Elle aime apprendre et découvrir. Et rêve de changer le monde.

Ses études primaires se déroulent à l’école catholique, ma grand-mère ayant convaincu mon grand-père du bienfait d’un enseignement catholique ! Ah oui, il faut que je vous dise, une des oppositions qui les distinguent, c’est celle-là notamment : grand-mère catho versus grand-père laïc et socialiste. Alors, le choix de l’école dépend de qui aura le dernier mot : en primaire, c’est la force de conviction de ma grand-mère qui a été plus forte, un temps seulement, car ensuite, ma mère entre au lycée d’état .. victoire du grand-père !

Enfant puis adolescente, ma mère entend bien devenir institutrice, convaincue alors de l’importance que représente l’éducation comme moyen de liberté et de construction de l’avenir.

CHEVEUX ROUX TRÈS COURTS ET LOOK TRÈS « SIXTIES »

Mais la vie est surprenante et fonctionne rarement de façon aussi lisse que dans nos rêves : à 17 ans, une année avant la fin des secondaires, ses parents lui demandent d’arrêter l’école pour travailler. Ma mère s’exécute.

Elle travaille d’abord à la Filature de L’Espierres et puis comme employée en comptabilité aux 3 Suisses, à Tournai. Cheveux roux très courts et look très « sixties », la Christiane que l?on connaît est en pleine épanouissement : opiniâtre, courageuse, enthousiaste, généreuse… Les années passent, et à 24 ans, Patrick Pécourt lui passe la bague au doigt. Rapidement, la tribu se forme, en 7 ans, 7 enfants, – on frôle le livre des records, véritable boulimie d’enfants – : Rebecca, Anne, Ruben, Stéphanie, Paul, Luc et Déborah, quelques années de répit et les deux petits derniers arrivent : Alain et Jean-Yves!

Je me souviens, enfant, de l’étonnement de ceux qui croisaient notre chemin quand le mercredi après-midi, ma mère nous emmenait à la piscine d’Estaimpuis: « tarif colonie pour la grande famille », c’était drôle. C’est comme les photos à l’école, le photographe toujours surpris de voir arriver un « nouvel » enfant chaque année pendant 7 ans sur le portrait de famille.

Pour nous, c’est le bonheur, on habite un village, Leers-Nord et on a une maman sensationnelle, qui s’occupe de nous et nous apprend à vivre ensemble, dans nos différences.

Toutes ces années, elle nous les consacre avec une énergie incroyable, en parvenant toutefois, à s’investir pour des causes qui lui sont chères : la lutte contre la pauvreté, l’injustice et l’exclusion, le droit de la femme… on voit grandir l’envie, le désir impérieux d’aider et de concourir à la concrétisation des idéaux humanistes qui sont les siens.

AU MENU : FRITES, SALADE ET HAMBURGER

Pour agir, ma mère choisit de reprendre ses études, à 37 ans.

On quitte le village et on arrive, à Mouscron. Elle entame alors une licence en sciences politiques, économiques et sociales. Pendant 3 années, tous les samedis et plusieurs soirs par semaine, elle suit des cours à Louvain-la-Neuve. Pour nous, tous les samedis, c’est l’occasion de nous régaler de la cuisine plus approximative de notre père, au menu : frites, salade et hamburger !

Diplôme en poche, elle poursuit son parcours, et travaille d’abord à l’Université et puis au Forem, secteur formation, c’est l’occasion pour elle de voyager et de se confronter à des réalités socioéconomiques difficiles, ensuite, elle s’investit au Mouvement Ouvrier Chrétien, en tant que Secrétaire fédérale, où elle mène son action pour une société plus juste.

EN POLITIQUE

En 2002 a lieu une rencontre capitale, qui déterminera les prochaines années de sa vie : Elio Di Rupo, dans le cadre de la politique d’ouverture du Parti Socialiste au monde associatif, propose à ma mère de mener une campagne électorale. En 2003, elle gagne son siège au Sénat. En ce lieu emblématique, elle parvient à agir et se révèle être une femme politique proche des citoyens qui lui ont fait confiance. En 2004, un certain 18 juillet, elle devient Ministre de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des Chances. Ce défi, elle l’a endossé avec l’envie de veiller au bien-être de tous et à la poursuite et la préservation des droits de chacun pour une société plus juste. Voilà, en quelques mots et en synthèse la vie d’une femme, ma mère, qui parvient toujours à nous consacrer, à mes frères et soeurs, à ses petits-enfants et à moi des moments privilégiés !

Au fait, cette histoire aurait pu être le début d’un autre récit de vie, car le 18 juillet 1951 naissait un autre bébé dans un quartier ouvrier de Morlanwez : un nommé… Elio Di Rupo.

STÉPHANIE PÉCOURT

 

UNE FEMME D’ENGAGEMENT : CHRISTIANE VIENNE

FONCTIONS ACTUELLES

  • Députée
  • Conseillère communale (MOUSCRON)

MES ACTIVITÉS AU SEIN DU PARTI

  • Membre du Bureau avec voix consultative
  • Membre du Comité des fédérations socialistes wallonnes
  • Présidente de la Commission des Aînés

PROFIL

 » Il faut positiver ! » Voilà bien une phrase qui colle à la peau de Christiane. Loin d’être une douce rêveuse, elle connaît les réalités de la vie: neuf enfants, ça met les pieds sur terre!

Cette ancienne collaboratrice du Ministre Demotte a mis son expérience au service de son travail parlementaire. A travers cette fonction, Christiane a pu rendre la politique plus proche du citoyen.

Ministre à la Région wallonne de 2004 à 2007, en charge de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des chances, cette ancienne Secrétaire fédérale du MOC du Hainaut Occidental entend particulièrement veiller au bien-être de toutes les Wallonnes et de tous les Wallons.

Au Sénat, son action se concentre dans le domaine du social et de l’économie. Membre de la Commission des Affaires Sociales, vice-présidente de la Commission Finances et Economie, elle est également active au sein de la Commission de suivi du Comité R et du Comité d’avis pour l’égalité des chances entre les femmes et les hommes. En 2009, elle est candidate sur la liste du PS à l’Europe (3ème effective) et sur la liste régionale du PS en Wallonie Picarde (2ème suppléante).

DATE DE NAISSANCE 18/07/1951

FORMATION LICENCE EN POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE UCL

DOMAINES DE PRÉDILECTION

  • Cadre de vie
  • Associatif
  • Démocratie & citoyenneté
  • Développement durable
  • Economie
  • Emploi et formation professionnelle
  • Enfance & Jeunesse
  • Ethique
  • Finances / Budget & fiscalité
  • Fonction publique
  • Social