mar 10th, 2010
Réflexion au cœur même de l’action politique !
Hier soir, dans le cadre de la conférence PAC-Mouscron, je recevais Rudy Demotte et Vincent de Coorebyter pour un débat consacré à L’action politique… Débat extrêmement intéressant pour les citoyens, puisqu’il réunissait sur le sujet le regard du politologue et du mandataire. Un débat relativement… inaccoutumé , puisque comme le soulignait Rudy Demotte, le temps de l’action politique est si complexe qu’on prend trop rarement le temps de disséquer l’action politique et de la mettre à plat.
Cette soirée a donc été l’occasion d’aborder en profondeur plusieurs questions liées à la « politique », au sens premier de « gestion de la Cité ». Notre société évolue-t-elle de la démocratie à « l’émocratie », quand les décisions politiques sont appelées à être prises sous le coup d’une émotion collective plutôt que suivant un axe de réflexion et d’action ?
Vincent de Coorebyter a relativisé le phénomène, en soulignant par ailleurs que ce n’est pas l’émotion en elle-même qui est mauvaise conseillère, mais une émotion particulière : la peur collective… qui suscite des réactions poujadistes, du « y’a qu’à » expéditif au phénomène de lynchage d’un coupable désigné par facilité…. Rudy Demotte a livré son témoignage d’acteur politique de premier plan, en soulignant la complexité du temps de l’action politique (celui visant à promouvoir l’intérêt général est-il le même que celui conditionné par les attentes des citoyens… ou des citoyens-électeurs ?).
Autre thème de réflexion, la peoplisation des personnalités politiques, phénomène récent et incontestable selon Vincent de Coorebyter, et pour Rudy Demotte, relié à notre société de l’immédiateté, où l’image acquiert un statut et une signification prépondérante. Tempo de l’action politique, rapport aux médias, rapport à l’image… nous ont entraîné à réfléchir sur le troisième thème abordé : la marge de manœuvre de l’action politique face aux autres niveaux de pouvoir… Ceux des grands groupes économiques, par exemple, dont certain (Vincent de Coorebyter le soulignait) disposent de revenus équivalents à ceux d’un Etat… avec l’avantage de pouvoir agir et influer au niveau planétaire.
Pour Rudy Demotte, cette marge de manœuvre s’inscrit également dans un rapport de forces… et l’essence même de la politique est de susciter une volonté suffisante pour modifier ce rapport au profit de l’intérêt général. Après avoir répondu aux questions du public (portant sur la possibilité d’un gouvernement mondial, les systèmes électoraux, l’objectivité de l’image médiatique, la place du citoyen…), la conclusion, en forme d’espoir tonique, a été formulée par Rudy Demotte : ‘Tant qu’on a de bonnes raisons de croire que notre système est perfectible par notre volonté, l’action politique n’est pas perdue !’












