Hier soir, conférence de PAC-Mouscron dédiée à la crise financière… J’accueillais pour l’occasion Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, et Ivan Van de Cloot, économiste en chef d’Itinera Institute. Deux orateurs qui se sont exprimés lors d’une soirée… passionnante et prenante !

Anne Demelenne a mis en avant le bilan de la crise sur l’économie réelle : en Belgique, il s’agit notamment de 35 000 emplois perdus en 2009… et 65 000 pertes d’emploi attendues en 2010. Ce qui fait dire à la secrétaire générale de la FGTB que l’impact de la crise économique se fera pleinement sentir dans les mois qui viennent… alors que, pour le monde financier, la crise bancaire semble déjà loin et que les mauvaises habitudes ressurgissent, sans remise en question.

Avec le regard de l’économiste (et avec une grande pédagogie) Ivan Van de Cloot a décortiqué les mécanismes des causes de la crise… à l’origine bancaire, puis financière et économique… Un constat préalable : nous ne revivons pas la Grande Dépression de 1929, mais plutôt… une « Grande Récession », provoquée par un certain système capitaliste, fondé sur la recherche de profits toujours plus importants et plus rapides, et intégrant une part de risque toujours plus grande… jusqu’à l’aveuglement.

Pour Ivan Van de Cloot, les banques, en investissant des dans produits risqués et que, souvent, elles ne comprenaient et ne maîtrisaient pas, ont rompu avec le système traditionnel. Les banques d’épargne ont surdéveloppé leurs branches d’investissement. La relation interpersonnelle avec le client s’est perdue : celui-ci ne représentait plus qu’une possibilité d’investissement… et qu’importait désormais qu’il soit insolvable !
La soirée ne s’est pas limitée aux constats: nos intervenants ont mis en avant des pistes de réalisation pour hâter la sortie de la crise, juguler ses effets négatifs… et en prévenir une nouvelle. D’abord, refuser un modèle économique fondé sur le pari et la recherche de profits incongrus… un système où, en cas de pari réussi, les bénéfices reviennent au monde de la finance, et où en cas d’échec, c’est au contribuable de payer. Mettre en place des « portes coupe-feu » et isoler les branches « épargne » des branches « investissements » dans le modèle bancaire (c’est ce que je souhaite mettre en place à travers ma proposition de résolution sur les plans de scission – cliquez ici). Modifier l’assiette fiscale, et améliorer la lutte contre la grande fraude fiscale… gouffre où disparaissent des milliards qui devraient revenir à l’Etat. Enfin, selon les mots d’Anne Demelenne : ‘Remettre l’humain au centre des préoccupations ; admettre que la croissance n’est pas infinie, et qu’elle a des limites humaines.’

Merci à nos deux intervenants pour avoir su aborder un sujet difficile sous un angle accessible et avoir suscité un réel intérêt dans le public… qui a conclu la soirée par un véritable flot de questions !
Je vous donne rendez-vous pour la dernière soirée PAC de cette saison, le mardi 8 décembre. Nous aborderons un thème qui découle de celui abordé hier soir, puisqu’il s’agit d’évoquer ‘Les nouvelles formes de pauvreté’ en compagnie de Philippe Courard (secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté) et Jean-Marc Delizée (secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées).