L’accouchement si pénible de ce gouvernement crée un drôle de climat. Où que je sois l’on m’interroge avec dans le regard une lueur de “mais alors, qu’est ce que tu fiches, est ce que tu ne serais pas payée à ne rien faire ?”. Je rassure tout de suite … je travaille et j’ai en route un beau paquet de propositions de loi, non pas pour en rajouter des couches mais surtout pour corriger quelques effets pervers des législations parfois pleines de bonne volonté et d’imagination. Le plus grave aujourd’hui, c’est que l’on s’y habitue et que la question arrive sur le bout des lèvres : a quoi ça sert un gouvernement ?
La responsabilité politique des partis de l’orange bleue est immense et en tant que citoyenne il m’inporte que l’organisation de la société contribue à mon bien être et il y a du travail…Alors, j’attends avec impatience les concessions des uns et des autres pour que notre pays soit enfin dirigé.
Un pirate s’est introduit dans mon ordinateur … il va être déçu, j’ai de la peine pour lui !
Mais enfin, j’en ris mais un peu jaune tout de même, j’ai eu l’impression d’avoir été cambriolée, comme si quelqu’un avait lu mon journal intime. Il ou Elle va savoir ce que je raconte à ma meilleure amie, à mes enfants, à mes collaborateurs et j’ai beau me torturer la cervelle, je ne vois pas l’ombre d’un secret d’état dans mon pc.
La réalité, c’est que je n’aime déjà pas beaucoup ces machines dont on ne sait plus se passer et ensuite je regrette que l’on ne puisse plus se cacher de rien, avoir le droit à l’intimité, à garder ses petits secrets. Nos cartes de crédit permettent de nous pister, nos gsm de connaître nos contacts et maintenant les pc … Dur , dur la vie moderne. J’en ai assez des coming out en tout genre, du déballage plus ou moins sincère des émotions dégoulinantes des uns et des unes, je plaide pour le droit au secret, le droit de se cacher du regard des autres et de vivre au pied de son arbre dans son jardin secret.
L’on commence enfin à voir ce à quoi va ressembler l’orange bleue : un mélange de projets contradictoires sans réelle ligne forte. Car enfin, en matière de justice et de délinquance juvénile il est urgent de déterminer une ligne claire entre prévention et répression. La répression n’a de sens que si elle est éducative et si les moyens sont donnés aux acteurs de terrain pour réellement accompagner le jeune dans un processus de réinsertion. La sanction ne doit jamais être un moyen pour s’enraciner dans la délinquance mais pour en sortir, cela demande une réflexion sur les raisons qui ont créé la situation, sans angélisme mais avec le sens des responsabilités partagées, notamment avec les parents. Si l’on n’arrive pas à mener des politiques familiales et éducatives qui contribuent à donner au jeune la perspective d’une vraie place dans la société, nous allons droit dans le mur. Il est temps de revenir à davantage de sens de la discipline et à montrer que l’épanouissement personnel impose aussi le respect des autres. L’alcool et la drogue font des ravages auprès de nombreux jeunes déboussolés et compromettent gravement leur équilibre psychologique. Les politiques devraient toujours intégrer des dimensions transdisciplinaires car le découpage en tranches des politiques a démontré son inefficacité, particulièrement en matière de lutte contre les assuétudes.
La rentrée parlementaire a enfin eu lieu, dans un climat d’incertitude certes mais avec la volonté de travailler enfin !
Je participerai aux commissions Affaires Sociales et Finances et Economie, j’ai beaucoup d’idées et je veux profiter de ces quatre années pour faire progresser la justice sociale, je sens qu’il y aura de quoi faire…
La semaine dernière, j’ai participé à la cérémonie d’intronisation des nouveaux baillis de Mouscron. Au delà de tout le mal que je pense du fait que cette récompense n’est accordée qu’à des hommes, comme si à Mouscron, jamais aucune femme n’avait contribué d’une manière significative au développement de la ville, cela m’a fait réfléchir ! Mais comme jamais personne n’est mort de ringardise, ce n’est pas demain la veille que cela changera ! Un ami (qui le mérite amplement) a reçu cet hommage et nous avons chanté en conclusion “A toi Mouscron” dont je vous livre ici le refrain et le troisième couplet :
A Toi, Mouscron.*Tes enfants ne seront pas traîtres !
Ils font serment
De défendre vaillamment
Ton “âme wallonne”,
Cher dépôt de leurs fiers ancêtres ;
Car cette âme noble et bonne est à Toi, Mouscron !
Mais ne crains rien : les fils de Flandre
Ne voudront pas se révolter
Contre Toi qui, d’un c?ur tendre.
Leur donnas l’hospitalité !
Quand donc chacun va-t-il comprendre :
-céderait même être un diction-
Qu’au Lion certes soit la Flandre
Au Coq, Mouscron et son canton.
Ces mâles paroles ont un écho tout particulier aujourd’hui, à Mouscron, il n’est personne qui n’ait de la famille soit en Flandre, soit en France et le plus souvent les deux. Les difficultés d’aujourd’hui et l’opposition telle que la présente la presse étrangère et parfois nationale entre deux cultures soit disant si différentes est ridicule vu d’ici … et beaucoup de nos concitoyens veulent simplement continuer à vivre dans une Belgique unie et solidaire, parmi eux, il y a beaucoup de wallons mais aussi beaucoup de flamands.
Il est temps de s’en souvenir et d’accoucher enfin d’un gouvernement qui assume ses missions et ses responsabilités. Aujourd’hui, trop Is te veel !
A force de jouer avec le feu il arrive que l’on déclenche l’incendie et il devient urgent de retrouver le sens de l’état !
Les débats dans la fédération PS de Wallonie Picarde se sont clôturés hier. Pour la troisième fois, j’ai eu l’occasion de présenter les raisons de ma candidature au bureau national. A chaque fois que je m’exprime devant une assemblée de camarades (et oui, le mot fait encore sens pour moi), je me sens une responsabilité particulière. Je me ressentirai toujours au PS un peu comme une travailleuse émigrée, un produit d’importation, voire une adoptée. Je ne suis pas naïve au point de n’avoir jamais remarqué que ma présente, ce que je représente (l’ouverture aux chrétiens de gauche), ne plait pas à tout le monde. Et pourtant, j’ai été accueillie avec amitié, fraternité et quelles qu’aient pu être les difficultés rencontrées j’ai eu le soutien des gens que j’estime, de ceux qui n’attendent pas de mandat rémunérateur, de reconnaissance quelconque, de ceux qui sont là parce qu’ils y croient, parce que cela fait sens dans leur vie. C’est pourquoi aussi, cela fait sens dans la mienne ! L’étiquette “chrétienne” est assez paradoxale en ce qui me concerne. Si j’ai effectivement consacré une partie de la vie professionnelle au Mouvement Ouvrier Chrétien, sur le plan philosophique, je suis de culture protestante, non pratiquante et laïque. Même si, “faire son devoir, sans attendre de récompense” constitue pour moi une colonne vertébrale, je suis toujours un peu amusée de me voir affublée d’une espèce de mission de porte parole du monde catholique … mais il existe des nuances difficiles à expliquer et finalement, je ne m’en porte pas plus mal.
Ouf … nous avons un formateur ! Pourvu qu’il nous forme un gouvernement qui ressemble à quelque chose … et surtout qui travaille à
produire un avenir meilleur.
Je suis occupée à lire un ouvrage passionnant “Une brève histoire de l’avenir” de Jacques Attali. Il est clair que l’avenir se construit en utilisant les matériaux du présent.
Deux éléments m’ont particulièrement frappée : le premier c’est le fait, que l’histoire connait parfois des ratés, que ceux qui ont la possibilité d’influer sur l’avenir n’analysent pas correctement les indices qui sont à leur disposition. Dans les grands ratages, la Chine a , à plusieurs reprises, eu l’occasion de devenir la première puissance mondiale, le “centre” ou “c?ur ” comme l’appelle Attali. Qu’est ce qui l’en a empêché ? Et bien, le repli sur soi, la volonté de refermer ses frontières, de renvoyer les étrangers, de se replier sur son développement interne. S’il est bien un danger qui menace l’Europe, c’est celui-là, des milliers d’hommes et de femmes jeunes se pressent à nos frontières pour intégrer notre société et nous leur claquons la porte au nez, en nous privant de leurs compétences et surtout de leur jeunesse. Notre vieille Europe mérite de plus en plus de porter son nom et les querelles entre flamands et wallons basées sur l’exclusion de l’autre ne représentent qu’un avatar d’une tendance beaucoup plus large.
Le second élément se situe dans l’incapacité dans laquelle nous nous situons de repérer les inventions, nouveautés, qui produiront de la richesse. La France en est une excellente illustration. En effet, à travers l’histoire, bon nombre d’innovations technologiques ont vu le jour chez nos voisins tels que l’automobile, l’électricité … qui n’ont pas soulevé l’enthousiasme et qui ont finalement été exploités par d’autres, les Etats Unis, l’Angleterre. Il ne suffit donc pas d’avoir de bonnes idées, encore faut-il savoir les repérer et les exploiter.
Tous les débats autour de la création d’emploi s’articulent autour de cette réalité : quels sont les secteurs porteurs ? Comment exploiter nos ressources créatives et les transformer en projets industriels créateurs d’emplois ?
Cela impose aussi une réflexion sur le rôle des pouvoirs publics en matière de soutien financier et une gouvernance volontariste mais surtout très réactive … en bref, le contraire de la bureaucratie. Le gouvernement qui se prépare sera t il capable de réaliser ce défi ? En aura-t-il la volonté ou va-t-il user son énergie à régler les questions institutionnelles et territoriales en essayant de tenir jusqu’en 2009 ?
Décidément, l’avenir est bien le fruit du présent et il ne ne reste qu’à croiser les doigts pour qu’il ne soit pas trop amer !